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Crazy hot(te) du Père Noël 2021 selon Adèle Sorin

Crazy hot(te) du Père Noël 2021 selon Adèle Sorin

De la folie, il en fallait, et pas qu’un brin… Ce samedi 18 décembre à 20h00, seuls les supporters réchauffaient l’atmosphère, avec en guise de chaleur, leurs encouragements et leur vin chaud. Et aussi la fièvre de mon rhume persistant.  Ah ce rhume, qui m’a laissé dans l’incertitude de participer à ce trail des Pères Noël, jusqu’à 5h avant le départ. Test antigénique négatif, c’est bon, je peux définitivement préparer mes affaires. Prendre le départ sera déjà une victoire vu mon état de forme. C’est à la suite d’une réflexion de ma fille, qui me demande si je ne serai pas trop déçue si j’abandonnais la course, que je comprends que ma déception viendrait surtout de ne pas essayer. Pour une fois qu’il y a un ultra à domicile, et que Julien et les enfants peuvent me suivre, il faut y aller, sans regrets. Ils m’assisteront, et me ramèneront si besoin, je compte sur eux, et je crois qu’ils ont hâte d’y être ! Et puis cette course suit la logique de mes enfants, j’en suis maintenant à l’addition de 3 marathons, ou l’ajout d’un semi-marathon au 110 km bouclés en octobre. Je progresse en équivalent semi- marathon depuis que mes enfants m’ont fait réaliser en 2019 lors de ma première longue distance, 63km, qu’il s’agissait d’un marathon plus un semi, ce qui ne m’avait pas vraiment rassuré ! Depuis, j’avance en respectant cette logique, doucement et prudemment.

Après le briefing au parc équestre des Herbiers, où j’observe mes partenaires de galère, tous plus équipés les uns que les autres, nous avons la chance de pouvoir patienter dans une salle chauffée.  Dernier moment de confort, où chacun commence à rentrer dans sa bulle, et moi je me demande sérieusement ce que je fais là. Mes proches m’accompagnent, mais restent sceptiques au vu de mon rhume tenace. Je ressens l’inquiétude de Louis aussi, qui connait ce trail, mais qui souhaite le refaire, histoire de prendre sa revanche psychologique sur l’édition 2019, et pour essayer de grappiller quelques points pour un éventuel UTMB.

20h00, le départ. Un beau moment, qui vaut le coup d’être vécu. Nous voilà au milieu de l’ambiance féérique du marché de Noël. Les illuminations, les chants, l’odeur du vin chaud…Beaucoup de familles sont présentes, et beaucoup d’enfants. Alors il faut être présentable,  et nous ferons un tour avec le père Noël et ses lutins. Mes yeux s’illuminent, comme les frontales des 240 coureurs qui déambulent dans les rues décorées, entourés de spectateurs motivés.

Après cette séquence magie de Noël, nous retrouvons vite l’obscurité et le silence. Par chance, la Lune est en forme ce soir, toute ronde, parmi les étoiles qui scintillent. Elle va nous éclairer pendant cette longue nuit d’hiver.

Le rythme des premiers kilomètres me rassure, et des premières côtes aussi. Je craignais d’être vite isolée en bout de course, moi qui pars toujours prudemment, et encore plus ce soir-là. Finalement, je suis entourée de près ou de loin, j’aperçois les faisceaux des frontales, ou j’entends les voix et les cliquetis des bâtons sur les cailloux. Rubans orange réfléchissants en ligne de mire, tous les 20 mètres sur la droite. En avant ! Me voilà en marche, ou en course, dès que le terrain s’y prête. Surprise de voir que dans notre campagne vendéenne se cache autant de vallons, de dévers, qui vont me faire travailler les cuisses dès le début du parcours.  Le silence règne, parmi les forêts, au milieu des champs, et même dans les petits villages traversés, où j’aperçois par les fenêtres sans volets les habitants installés sur leur canapé devant la télé, ou la tablée d’amis en train de trinquer. Eh oui, c’est samedi ! Pour moi, c’est la nuit, une nuit d’aventure et de découverte.

J’arrive au premier ravitaillement plutôt en forme, ne disons pas moins en forme qu’au départ. Et je suis contente d’y être, car 2 ans auparavant, j’étais dans cette même salle, en tant que supportrice de Louis, qui bravait la tempête, des conditions au-delà du raisonnable, et qui était déjà bien atteint, la faute à un sur régime.  Ce passage est symbolique, nous nous y arrêtons au 22 et au 47ème kilomètre. L’ambiance est au rendez-vous, à défaut de la soupe, qui a été dévorée par mes nombreux prédécesseurs. Eh oui, à la fin, il ne reste que les miettes. Heureusement que j’ai fait le stock de gourmandises, confiées à mes enfants, en espérant qu’ils n’aient pas tout mangé. A ma grande surprise, tout y est, même les Kinder maxi ! Je rassure mes proches, je me sens de continuer jusqu’au prochain ravitaillement. Cette nuit est divisée en étapes, mon cerveau fonctionne en fractionné. Le kilométrage et la distance à parcourir entre chaque ravitaillement me servent d’objectifs et de repères. Toujours pas de montre, et le téléphone est rangé au chaud au fond du sac. J’ai beau regarder la lune, je ne maîtrise pas l’horloge lunaire. Et puis de toute façon, j’avance comme je le sens, si les serres files me rattrapent, c’est que la folie a une fin. Et la fin est prévue au plus tard à 21h00 le lendemain, soit barrière horaire à 25h00 de course. Pour 133km, cela paraît peu pour moi, après avoir mis 27h00 pour en faire 110 à Annecy. La différence vient du dénivelé moins important, mais pas pour autant beaucoup plus roulant, avec les nombreuses côtes. Par chance, le terrain est à peu près sec, limitant les glissades !

Les kilomètres défilent, le paysage aussi, avec au loin sur le coteau de l’autre côté de la rivière la lignée de frontales qui me montre jusqu’où je suis sensée aller, ou alors cette cabane en bois en haut de l’arbre qui surplombe le cours d’eau. Pas d’animal pour me surprendre, juste quelques pierres qui me procurent de belles frayeurs, en évitant de peu la chute. La traversée de Mouchamps a eu un air de fiction, toute seule dans le bourg, encerclée par les guirlandes de Noël encore allumées, à chercher mon chemin, au beau milieu de la nuit. Pas un bruit, je commence à parler toute seule, à m’inquiéter, à grommeler. Puis le ruban orange à ma droite, c’est bon ! Et soulagement de voir 1 bénévole qui m’indique où tourner. Quel courage de patienter dans le froid, à veiller, et d’avoir encore les mots pour nous motiver. Ses applaudissements me font dire qu’il n’a pas de gants, pas frileux le monsieur. Moi j’endure ma veste et mon tour de cou, quand dans certains passages, le vent s’invite.  Sinon la température est de saison, pas très généreuse, quelques chiffres au-dessus de zéro seulement. J’entame une portion d’une dizaine de kilomètres où je serai seule, une bonne heure à courir avec la Lune en éclaireuse, et le faisceau de ma frontale lorsqu’il faut traverser une forêt. Cela m’oblige à être plus vigilante quant au balisage, mais j’apprécie le calme environnant, et je me laisse aller à mes pensées. Je rattrape quelques traileurs, et m’aperçois que le dernier du groupe commence à chanceler.  Certes nous sommes samedi soir mais pas sûr qu’il s’agisse d’un excès…En me rapprochant de lui, il sursaute, et je comprends qu’il commençait à s’endormir. Il m’explique que ses yeux se ferment tout seul et il lui est déjà arrivé de tomber de sommeil. Son seul remède est de parler. Alors nous discutons, de tout sauf d’oreiller et de couette, la seule chose dont nous rêvons à cette heure-ci et sous ce froid. Il semble effrayé par ma toux, je le rassure sur ma non-contagiosité, et que je me sens bien malgré tout.

Je progresse de ravitaillement en ravitaillement, Julien et les enfants sont toujours présents, et à chaque fois me sondent, sans m’influencer, pour savoir si je rentre au chaud avec eux ou si je continue. Je leur fixe rendez-vous au 65ème kilomètre, où se trouve la base vie, qui sera peut-être mon dernier point de passage.

Lorsque j’y parviens, il est déjà 6h00 du matin. Je les retrouve chaudement installés, ils ont assisté Louis quelques heures plus tôt, et n’ont pas beaucoup fermé l’œil de la nuit. Ils me surprennent par leur énergie, moi je suis dubitative, contente d’être arrivée jusque-là sans trop de difficultés, mais je sens qu’une fatigue générale commence à s’installer. Je prends le temps de réfléchir, j’ai tout de même envie d’assister au lever de soleil sur la campagne vendéenne. Alors je repars, le prochain arrêt sera dans 20 kilomètres. Je partage mon chemin avec un trailer venu d’Isère, m’expliquant qu’il avait été éliminé de l’UTMB 4 mois auparavant, après s’être endormi à seulement 6 kilomètres de l’arrivée. Alors il venait chercher les points qui lui permettraient de prendre sa revanche pour l’édition 2022. J’admire son courage, je ne sais pas si le seul objectif de points me suffirait à boucler cette HOT. En tant que montagnard, il me conseille sur ma tenue de bâtons. C’est en sa compagnie que je constate la tombée de la gelée avec le lever du jour. En quelques dizaines de minutes, le sol est recouvert d’une poudre brillante, et glissante. Les feuilles mortes durcissent et craquent sous nos pas, alors que le bitume se transforme en patinoire.  Nous devons redoubler de vigilance pour ne pas glisser, difficile après cette nuit blanche. Je guette avec hâte les premiers rayons de soleil. En attendant, ce sont les lumières des foyers qui nous éclairent, les plus matinaux sont debout. Je commence à m’impatienter, le froid se dépose aussi sur mes épaules, mes doigts s’engourdissent. Je demande à mon acolyte l’heure qu’il est, seulement sans ses lunettes, c’est le flou ! Alors je profite d’une fenêtre donnant sur une télé, sur une chaîne d’information continue, et je constate qu’il est bientôt 8h00. Le soleil ne devrait plus tarder… En fait, je réalise que le jour c’est levé, mais que le soleil reste caché. Et c’est le vent qui pointe le bout de son nez, faisant perdre quelques degrés à l’ambiance déjà glaciale. Premier coup dur pour mon moral, déception et baisse de motivation, si la météo ne s’améliore pas. S’en suit de longs kilomètres de doutes, de fatigue, de ras le bol. Je chemine doucement vers l’abandon. Je sais que je peux m’arrêter au 85ème, je me rassure en me disant que j’aurais au moins parcouru la distance d’un ultra-trail, j’aurais tout de même couru de nuit pendant 10h00, en me sentant bien et en appréciant cet univers nocturne. Je suis prête mentalement. Je veux retrouver les miens et rentrer. Je vais leur dire que je m’arrête là, c’est plus sérieux. Serais-je devenu sérieuse ? Je commence à sangloter, de lassitude et de soulagement. Mes enfants me devancent en m’apercevant au loin et en criant comme ils savent faire « allez maman !! »Je les embrasse, contente d’être arrivée jusque-là. J’explique à Julien que cette fois ci c’est fini, pour de bon. Il comprend. Je suis à bout. Nous sommes nombreux dans cette petite salle surchauffée, les visages rougis par le contraste de température. Plusieurs se sont déchaussés, signifiant leur abandon. Je leur demande la marche à suivre, il suffit de rendre sa balise à un bénévole, et la course s’arrête là. J’échange avec les 3 féminines présentes, l’une à trop froid pour continuer, l’autre a les genoux bloqués, et la 3ème se restaure avant de repartir tranquillement. Lorsqu’elles me demandent ce que je compte faire, je leur explique ma décision d’abandon, pour fatigue générale. A la question « tu es blessée, tu as mal quelque part ? », finalement je me surprends à constater que non, contrairement à d’autres, je n’ai mal nulle part. Je décroche ma balise et me rend vers un bénévole. Mais je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à lui donner, je n’arrive pas à abandonner. Alors je retourne vers Julien les larmes aux yeux : » c’est dur d’abandonner ! « Et là, à ma grande surprise, le groupe de bénévoles qui se tenait à côté se met à hurler :

 » mais faut pas abandonner, allez c’est parti, tu continues !! »et d’autres traileurs se joignent à eux, certains se proposent même de partager leur chemin. Quel bel élan d’encouragement ! Ça me fait chaud au cœur, l’ambiance trail est vraiment magique. Après ce réconfort passager, j’ai bien conscience que c’est moi qui vais devoir faire les efforts, en étant déjà bien fatiguée, et c’est moi qui vais devoir repartir dans la grisaille et dans le froid. L’ardeur va vite retomber. Je les remercie, mais je sais que ce n’est pas raisonnable de continuer. Julien me laisse décider, mais me fait comprendre qu’ils ne vont peut-être pas m’attendre jusqu’à 20h00 ce soir. Je commence à hésiter, je me dis qu’atteindre les 100km sera un beau cap, et le circuit nous fait passer près du Puy du fou, alors pourquoi pas ? Mes enfants m’offrent un pain au raisin, ils me l’avaient pris pour le retour, en pensant que j’allais rentrer avec eux. Manger du consistant fut un bon moment de plaisir, les ravitaillements étant toujours dévalisés par nos prédécesseurs, j’avais faim d’un vrai repas. Effectivement le dernier remontait à mon déjeuner de la veille. J’ai savouré chaque raisin, aussi sec soit-il.  Un groupe de 3 traileurs, ayant entendu mes doutes quant à la suite de ma course, me propose d’avancer avec eux. Je les avais déjà croisés plusieurs fois, et je les avais entendu causer et re causer. D’ailleurs, on dit souvent que les femmes sont pipelettes, mais là, ils me scotchaient. En montée en descente en courant en marchant, jamais ils n’arrêtaient de parler.  Cela dit, j’avais de la distraction, et ils me faisaient rire. Je les ai surnommés les pies jacasses de Pouzauges. Un bénévole précis que je suis la 3ème féminine. En même temps, nous étions 6 au départ, et il y a eu 3 abandons, donc par défaut la 3ème place était vacante. Mes acolytes semblaient plus contents que moi d’apprendre cette nouvelle, et fiers d’accompagner la 3ème féminine. D’autant plus la sœur de Louis, qui se retrouvait en tête malgré lui, par suite de l’abandon de plusieurs favoris. Après ces moments de liesse, je me renferme dans ma sensation de fatigue. Je veux aller jusqu’au 100ème kilomètre, et m’arrêter. La météo ne me remonte le moral, grisaille et vent persistants, légère bruine par moments. Rien d’intéressant. Finalement, la nuit était meilleure, le ciel était bien dégagé et le climat plus agréable. Nous discutons sur le plaisir, voir presque le bonheur, de prendre une douche chaude à l’arrivée. Et même pourquoi pas un bain. Rien qu’en l’évoquant, j’ai eu l’impression d’y être, et de ressentir le bien-être procuré. Nous courons, ou plutôt marchons vite à ce stade de la course, et apercevons les barrières du parc du Puy du Fou. Je me remémore les bons moments passés en famille ici même, mais il n’y a pas la musique, les parkings sont vides, et les seuls spectateurs sont Julien et les enfants. Certes ce sont les meilleurs, mais l’ambiance me paraît morose, et ne fait qu’amoindrir ma motivation. Et au même moment, Louis terminait les 133 kilomètres. Je l’enviais. Je réitère mon souhait d’abandon, Julien s’inquiète à la vue de mes yeux creusés, et trouve cela judicieux de s’arrêter là, mais David des pies jacasses a su trouver les mots, pour l’avoir déjà vécu lui-même. Il me dit de poursuivre à mon rythme, et que ce seront les serres file qui viendront me prendre ma balise s’ils me rattrapent, mais que ce n’est pas moi qui arrêterais. Et puis il m’encourage, toujours optimiste, et ayant le même rythme de marche, nous continuerons ensemble. J’essaie de me motiver en me disant que ce serait dommage d’abandonner à 33 kilomètres de l’arrivée de ce trail éprouvant et méritant.  C’est tout ce qui me tiendra jusqu’à l’arrivée, la détermination de terminer. Je commence à avoir mal au

Genou droit, les descentes au Mont des Alouette me paraissent interminables. Heureusement le ravitaillement du golf, au 108ème km, est chaleureux. Les bénévoles prennent le temps de discuter avec nous, et ont conscience que le froid fait des dégâts. Impossible pour moi de tenir ma flasque sans trembler, et donc de la remplir. Je sens la pitié dans le regard de la bénévole qui m’assiste gentiment. Je n’ose même pas penser à la tête que je dois avoir. Il ne faut pas traîner car il est déjà 18h00, la deuxième nuit commence à tomber, et le vent à se faire ressentir de plus en plus fort. Maintenant il faut en terminer avant 21h00, et ça, ce n’est pas gagné.  J’avoue ne pas avoir chanté « Alouette, gentille Alouette » mais plutôt maudit les bénévoles qui ont pris le temps de débroussailler des buissons pour nous faire monter et redescendre sur la même colline. Si les ailes du moulin avaient pu me propulser jusqu’à l’arrivée, j’avoue que j’aurais apprécié. Les discussions sont plus courtes, nous en avons assez de regarder où nous mettons les pieds. David commence à être douloureux aussi, nous nous rassurons en disant que tant que l’on ressent la douleur, c’est que nous sommes toujours vivants ! Sa femme ses enfants et son frère viennent l’encourager à chaque croisement, à chaque sortie de forêt. Ils me surprennent à être dehors alors qu’il fait un froid glacial. Mais ils savent se faire entendre.  Et moi je réalise que le parcours consiste à faire des zigzags dans la forêt, faire des kilomètres pour faire des kilomètres, dans le noir, je n’y trouve plus d’intérêt. Nous nous faisons rattraper par un traileur jurassien, qui s’est fait surprendre par la difficulté de la course, la trouvant même plus dure que celles de montagne. Les derniers kilomètres pour rejoindre le centre équestre que nous apercevons en contrebas sont interminables et inintéressants, dans les champs humides, moi qui ai pris garde pendant toute la course de ne pas me mouiller les pieds. Pourtant j’accélère, je veux voir ce qui nous attend, car la barrière horaire se rapproche dangereusement.  Lorsque j’entends la sono du speaker, je me dis que ça y est, nous y sommes presque. Les lumières se rapprochent, mon cœur palpite, mon émotion grandit. Là je peux dire que je suis allée au bout de moi-même, enfin je pense.  Je laisse le groupe des pies jacasses profiter de ce moment entre eux, et eux me laissent l’honneur de rentrer la première.  Mes enfants m’attendent devant la salle, tous fiers, et contents de me dire qu’ils m’ont fait une surprise. Moi je suis un peu déboussolée, mais en entrant dans la salle, c’est la chanson de Lots Fréquencies qui m’accueille, Crazy. Waouh ils sont forts mes petits. Mes larmes coulent à flots. Quelle satisfaction d’avoir réussi à terminer cette course, quel bonheur de l’avoir partagé avec les miens, quel plaisir d’avoir retrouvé cette solidarité et cette entraide entre traileurs, et quelle folie, cette Crazy Hot.

Il est 20h39, soit 24h39 de course en ces 18 et 19 décembre 2021. J’ai bouclé la HOT. 133ème, pour 133km. Après l’émotion, s’en suit une nouvelle étape éprouvante, celle de monter sur la 3ème place du podium. Et heureusement, la 3ème marche est la moins haute. Mes jambes se sont arrêtées au franchissement de la ligne d’arrivée, et avec le froid, elles se sont raidies. J’avance en mode robot, alors monter sur ce podium devient une épreuve à elle seule, qui aura le mérite de faire rire les derniers spectateurs présents.

Et cette victoire, celle d’être finisher, je la dédie à mes proches, sur qui j’ai pu me reposer, et aux encouragements et soutien de mes compères de course. Merci. Un repas chaud est offert, mais l’appétit est parti, laissant place au sommeil qui s’est finalement fait discret pendant ces 24h00 d’effort.  Maintenant il est mérité, tout comme la couverture qui va m’emmitoufler toute la route du retour, et mes pensées s’en vont rejoindre le père Noël et sa féerie.