Le tour des Cirques du GRP by Ben Joyau

Le tour des Cirques du GRP by Ben Joyau

Premier Ultra, premier compte-rendu de course.

Ça faisait un petit moment que l’idée de faire un ultra me trottait dans la tête. À force d’en discuter avec les copains du RAPV, forcément, ça donne des idées.

Fin d’année 2025, c’est fait dans ma tête : je veux faire le Tour des Cirques.

Je vois avec Laurie pour que nos vacances correspondent bien avec le GRP. J’en discute aussi avec mon meilleur ami Samuel, qui est partant pour le faire aussi. Je propose également à ma nièce de venir avec nous sur le week-end pour qu’elle fasse son premier trail en montagne sur le Néouvielle.

Vient le moment des inscriptions et nous sommes pris dans la deuxième vague.

Inscription faite, maintenant c’est parti pour la prépa !

Je commence l’année en faisant les CO avec mon binôme Benjamin Brethomé et ça se passe vraiment bien, même si tout n’est pas parfait.

Je continue à courir avec Oslo, mon fidèle compagnon 🐺, toujours partant pour sortir malgré la pluie ou le froid.

Et sans oublier les entraînements le mardi soir, merci aux coachs !

Ensuite, place au Raid. Je commence par Raid’Yon avec Samuel et Ben, puis le Raid de Chantonnay. Et à côté de ça, les entraînements en montée-descente en mode hamster commencent. Avec cette chaleur, je m’adapte et je fais au mieux pour me préparer. Je m’étais dit que je ferais du renfo’, mais la motivation n’était pas présente : 10 séances grand maximum 😅

Pour préparer le GRP, j’ai aussi fait 2 week-ends de randonnée dans les Pyrénées avec des amis. Ce n’est pas de la course à pied, mais au moins je suis en montagne et ça fait du bien 😀

Avec Laurie, on convient de partir la semaine avant le GRP, histoire de pouvoir profiter des vacances avant la course.

Au programme, 3 jours de rando en famille :

Lundi : Vallée du Rioumajou.
Mardi : Lac d’Oô, refuge d’Espingo et Lac de Saussat.
Mercredi : refuge de Bastan en partant du Portet.

Antoine marche un peu, mais il faut quand même le porter et 20 kg sur le dos, ça commence à faire beaucoup 😅

Heureusement, j’alterne avec Laurie pour le porter. Quelle machine 💪 Merci encore 😘

Jeudi, on va chercher le dossard. Je prépare mes affaires et mon sac pour la base vie. Dur dur, pour une première fois, de savoir quoi emmener et en quelle quantité.

Je fais le choix de partir léger niveau bouffe : quelques Pom’potes et barres de céréales, 4 flasques avec du sirop et surtout des capsules de sel.

Dans le sac pour la base vie, juste de quoi me changer et de quoi faire le plein en Pom’potes et barres de céréales. Je me dis que ça devrait me suffire et que je trouverai ce qu’il me faut lors des ravitaillements.

Pour les bâtons, je me pose la question de les emmener, mais je m’étais toujours dit que je ne courrais pas avec des bâtons.

Finalement, je ne les prends pas et je ne regretterai pas ce choix 😊

Samuel dort à la maison la veille de la course pour qu’on parte ensemble prendre le bus qui nous emmènera à Piau le lendemain.

On s’est mis un petit objectif de finir cette course autour des 30 h. Chacun fait sa course et, si on est ensemble, tant mieux ; sinon, pas grave, on continue d’avancer et on verra s’il n’y a pas trop d’écart pour qu’on passe la nuit de course ensemble.

Vendredi, réveil 4 h 30. Sommeil un peu court, mais j’ai bien dormi.

On arrive à Piau sous la grisaille, comme prévu, en espérant que le soleil puisse faire son apparition dans la journée.

Départ et retour à Piau, tout se passe bien sur cette première section. On part tranquille dans la descente et on fait la montée sur la piste de ski sans se mettre dans le rouge, puis on retourne vers la station sans forcer : 7,2 km, 558 m de D+ en 1 h 11, toujours dans les nuages.

Je remplis juste une flasque et repars directement pour l’ascension du port de Campbieil. Je prends mon rythme en montée, tout se passe bien et surtout, le soleil commence à faire son apparition 😍C’est juste magnifique.

On bascule de l’autre côté pour rejoindre Gèdre. Samuel me rattrape et on passe une partie de la descente à discuter et à prendre des photos. Le kiff ! Il est plus rapide que moi en descente, donc il part devant.

Je décide de ne pas forcer pour le suivre et de vraiment être à mon rythme pour cette première longue descente : 11 km, 1 600 m de D-.

On se retrouve à Gèdre en 4 h 07 pour 25 km. Je remplis mes flasques et je mange jambon de pays, fromage et chocolat. Et ça sera la même chose à chaque ravitaillement.

Je repars direction Gavarnie en gardant un bon rythme en montée et je ne force pas en descente pour garder un maximum d’énergie pour la suite.

Sur cette portion, je me sens vraiment bien. J’ai repris pas mal de monde en montée et je n’ai pas perdu de places en descente. Même si le classement final m’importe peu, ça fait toujours du bien de doubler du monde.

Arrivé à 2 km de Gavarnie, on traverse un pont en bois assez large pour qu’une voiture passe et, tête en l’air, je me prends les pieds dans le pont et je chute lourdement sur le côté gauche. Une vive douleur au niveau de la fesse arrive instantanément.

Je me relève avec l’aide d’un spectateur et je repars en boitant. Je n’arrive pas à lever la jambe à plus de 20 cm du sol 🤕 Nickel, il reste 95 km.

J’arrive à Gavarnie en boitillant. J’ai perdu toutes les places gagnées avant cette chute, mais ce n’est pas grave, j’avance quand même.

Je croise Samuel qui s’en va quand j’arrive. Je le préviens juste que j’ai chuté, mais que je continue.

Je me ravitaille, remplis mes flasques et go direction le refuge des Espuguettes en passant par le cirque de Gavarnie. J’alterne entre la marche et la course. Avec cette douleur, je fais au mieux. C’est gênant, mais j’avance quand même.

Arrivé aux Espuguettes, il reste encore une belle montée avant la Hourquette d’Alans. Je décide de prendre une soupe, de remplir les flasques et je m’arrêterai manger une barre en arrivant en haut.

Je redoute la descente avec cette douleur, mais finalement ça va beaucoup mieux qu’en montée vu que je n’ai pas à lever la jambe.

La première partie est technique. Je marche rapidement, mais je me fais beaucoup doubler pleine balle sur cette partie-là. Pas grave, ce n’est pas mon fort.

Par contre, au bout de quelques kilomètres, le terrain devient un peu plus roulant et je me remets à courir. Je redouble plusieurs personnes qui m’avaient doublé un peu avant. Ça me fait bien rire intérieurement 😅

Dans cette descente, je passe le 50e km (3 200 m de D+ et 3 400 m de D-) en 10 h 01. Vraiment content de ma gestion pour le moment. Je me dis que sans cette chute, ça aurait pu être encore mieux.

J’arrive à Gèdre tranquillement. Je passe un coup de téléphone pour rassurer Laurie et pour savoir si tout va bien aussi de son côté, j’apprends que Léa ma nièce vient de terminer le tour du Néouvielle, je suis trop content et fier d’elle !

Je me ravitaille vite fait. Je discute avec Thomas et David du RAPV, que je croise juste au ravitaillement, et go pour aller à la base vie de Luz. Je sens toujours une pointe à la fesse, mais ça va beaucoup mieux.

À peine parti du ravitaillement, je reçois un message de Samuel. Il me dit qu’il abandonne. Il a une grosse douleur à un genou et ne peut pas continuer 😢

Je venais de regarder sur LiveTrail : il avait 28 min d’avance et je m’étais déjà fait à l’idée que je le rejoindrais à Luz pour faire la nuit ensemble.

On se croise au bord de la route. Sa déception est palpable et je suis vraiment désolé pour lui qu’il ne puisse pas continuer 😔 On discute 5 min et je repars pour une portion pas vraiment intéressante d’un point de vue paysages.

Je me dis que je vais bien avancer dans les montées et prendre mon temps dans les descentes.

Je double une quinzaine de personnes dans les montées et je me fais doubler dans les descentes. C’est le jeu, mais je l’accepte. En tout cas, je me sens vraiment bien : pas de fatigue, pas de douleurs, hormis la petite pointe, mais elle me gêne de moins en moins. Tous les feux sont au vert pour commencer la nuit.

On arrive aux abords de Luz pour rejoindre la base vie et, plutôt que d’y aller en direct, ils nous font remonter une route pour ensuite faire le tour de la ville avant d’y arriver. Je peste, mais pas le choix 😅

Avant d’arriver, je fais le point sur ce qu’il me faut et finalement, je vais juste changer de T-shirt, prendre les Pom’potes et les barres, manger vite fait et repartir rapidement. Je ne suis pas fatigué et je sens que si je me pose trop longtemps, ça sera dur de repartir.

Arrivé à la base vie, je rejoins Thomas et David. On discute un peu et je repars.

On m’a tellement parlé de la suite que je ne sais pas à quoi m’attendre, mais je sais que ça va être dur.

La montée de la GLÈRE 😱

Je pars du centre de Luz et on commence à rejoindre des petits chemins. On monte un peu et on redescend par de la route 😏 Arrivé à un croisement, le chemin qui emmène à la Glère commence. Au programme : 9 km, 1 400 m de D+ non-stop et une longue partie dans un terrain rempli de cailloux 😱 Heureusement que nous sommes de nuit et qu’on ne voit pas le terrain qui nous attend.

Je commence la montée et ça avance correctement. Je rejoins du monde, un petit mot au passage et je continue d’avancer. Je me dis que l’objectif, si tout va bien, c’est de ne pas s’arrêter pour ne pas trop perdre de temps.

Je regarde en hauteur et j’aperçois les frontales tout en haut de la montagne. Ça fait peur d’imaginer tout le chemin qu’il reste à parcourir !

Arrivé à la moitié de la montée, je me fais doubler par Mathieu, un coureur de Saint-Nazaire. On commence à bien discuter et il se met derrière moi. On va faire toute la fin de la montée ensemble. Une galère sur les sentiers, mais un bon moment partagé en sa compagnie.

Arrivé enfin au sommet, on aperçoit le refuge, mais il est encore loin 😤 Enfin arrivé au refuge, je dis au premier bénévole que ça se mérite d’arriver ici. Réponse : « Oui, la Glère, c’est un sacré chantier, on n’y va jamais ! » 😂

Je me ravitaille, Mathieu me conseille de mettre ma veste, je suis resté en T-shirt depuis le début de la course, je n’avais pas encore eu froid, mais je préfère assurer le coup.

Il est 3 h 40. Je ne suis toujours pas fatigué. J’ai le dessous des pieds qui commence à chauffer, mais c’est largement supportable pour le moment.

Prochain stop : Tournaboup. Une descente de 9 km sans difficulté que je fais en marchant. Mathieu est parti devant et, sur les 3 derniers kilomètres, je rejoins Arthur, un Breton avec qui je vais directement très bien m’entendre et qui sera déterminant pour la suite…

On se ravitaille et je passe aux toilettes. Je passe les 100 km en 22 h 50.

Arthur est parti devant. Je me dis que je vais le rattraper dans la montée et que finir en 30 h est encore envisageable ! Mais ça sera plus compliqué que prévu 😅

Une longue montée m’attend, qui nous emmène au refuge d’Aygues-Cluses. Je la fais en grande partie seul : une première partie sur un sentier et une deuxième partie un peu plus technique, mais rien d’extraordinaire. Pourtant, j’ai du mal à garder un bon rythme. Les pieds commencent vraiment à chauffer, mais je finis par y arriver et je retrouve Mathieu et Arthur.

Je m’arrête 2 min et je repars avec eux pour rallier les Merlans le plus « rapidement » possible. On rejoint d’autres coureurs et on avance tant bien que mal dans cette descente technique. On discute et l’ambiance est bonne. Les paysages au lever du soleil sur le Néouvielle sont magnifiques, mais la portion paraît interminable et j’en peux plus de tous ces cailloux 🤯

Nous voilà arrivés aux Merlans, km 117. Il reste à peine 13 km. Je sais qu’ils vont être durs et j’en parle avec Arthur. Il me dit qu’il reste avec moi et qu’on va finir en dessous des 31 h !

On fait la dernière petite montée ensemble. On fait le point sur le timing et il faut qu’on se remette à trottiner pour que ça le fasse.

Je donne le maximum dans la dernière descente. Le dessous des pieds est brûlant, mais j’avance.

Arrivés à Vignec, il reste 1,5 km et il nous reste 10 min pour passer sous les 31 h. C’est tout plat sur route, alors je lâche tout ce qui me reste. J’oublie les pieds et on avance.

Je le préviens qu’Antoine, mon fils, nous attend à l’arrivée pour faire les derniers mètres avec nous. Je pense à ce moment depuis le départ de la course et j’attends ce moment avec impatience !

Ma sœur et ma nièce nous attendent pour faire le dernier kilomètre ensemble 😊

On récupère Antoine à 200 m de l’arrivée qui est avec Laurie et nous courons dans l’avenue de Vielle-Aure pour rallier la ligne d’arrivée en 30 h 59 min et 22 sec 😍😍😍

La dernière descente fut pleine d’émotions. Putain, je l’ai fait 🤗🥲💪

J’ai une grosse pensée pour Samuel avec qui j’aurais aimé partager ces émotions.

On retrouve Mathieu à l’arrivée et tous les autres coureurs avec qui on a passé du temps sur les sentiers.

Quel kiff de se dire qu’on l’a fait ! La longue distance procure de sacrées émotions !

Un immense MERCI pour tous les messages que j’ai reçu pendant et après la course !

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