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Tulle Brive Nature 2016 – Manche TTN

Tulle Brive Nature 2016 – Manche TTN

Retrouvez ci dessous le compte rendu de Thomas pour sa deuxième manche du challenge National trail long :

 

45km annoncés, 1270D+, 380 partants

extrait du site : mytripsandtrails.com

Voila 10 jours que j’ai terminé mon 4ème trail long (+42 km) et paradoxalement, je n’ai toujours pas fait de marathon ! En voyant celui de Paris qui a eu lieu une semaine avant le TBN (Tulle Brive Nature) et celui de Nantes qui a eu lieu dimanche dernier (17/04) j’avoue que je me serai bien fait tenté !

Mais intéressons-nous plutôt à ce trail en ligne qui partait de Brive-La-Gaillarde pour rejoindre Tulle et qui longeait la vallée avec sa rivière emblématique du département : la Corrèze.

Je ne me suis quasiment pas occupé de la logistique cette fois. Je suis parti avec Alexandre, un Espoir Nantais (un peu fou comme moi). On est partit le samedi midi pour rejoindre la maison de ses grands-parents près d’Angoulême. Une fois arrivés là-bas, nous nous sommes lancé dans un petit footing de 30 min. Ma douleur au genou après ma chute lors du trail des Poilus ne s’est pas arrangée. Mais normal : ce n’est pas en disant tous les jours qu’il faut que j’aille chez l’ostéopathe qu’elle partira … Et pour corser le tout, ma cheville gauche me fait légèrement souffrir depuis un petit moment ce qui me provoque une douleur dans le mollet gauche.

Bref rien qui rassure la veille d’un 45km. Le lendemain, réveil à 5h pour rejoindre Brive. 2h de route après, nous sommes enfin proches du départ. Mise à part mes douleurs qui me préoccupent légèrement, je me sens plutôt serein : les grands-parents d’Alex nous ont préparé la veille une bonne plâtrée de pâtes, je n’ai pas à conduire jusqu’au départ (ce qui me change la vie) et puis surtout j’ai laissé tomber l’idée d’être bien placé au classement du Trail Tour National. Je me suis pris une claque lors du trail des Poilus … mais cela ne me freine pas dans ma folie, bien au contraire !! Je me suis mis en tête de faire mon premier Ultra-Trail. Donc au départ du Brive, je suis dans une toute nouvelle optique : ne pas taper dans les réserves, prendre du plaisir et être le plus autonome possible. Et ça tombe plutôt bien car pour la première fois je n’aurais pas d’assistants !

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Avant de partir, Alexandre me montre sur la ligne de départ tous les espoirs présents. Une partie était aux championnats de France l’année dernière et ils y ont été bien classés. Je vois également quelques pointures du Trail : Thierry Breuil, Fabien Chartoire et d’autres noms que me dira Alexandre et qui, sur le moment, rentrent par une oreille et sortent par l’autre (il faut avouer que je n’ai jamais été bon pour retenir les prénoms). Je suis en tout cas bien content de ne pas viser de podium, je n’aurais eu aucune chance  et là, au moins, je pars serein ! Aujourd’hui le maître mot est plaisir. Je vise entre 6h et 6h30 ce qui me ferait une moyenne de 7 – 7,5 km/h.

8:00 / km 0

Départ digne d’un cross hivernal : tout le monde est sur la ligne, le coup de pistolet retentit et c’est parti. Pour la première fois je vois ce qu’il se passe, je prends le temps d’observer autour de moi, je ne suis pas déjà en train de monter dans les tours. Je regarde devant, certains sont déjà à fond. Je regarde ma montre, 13km/h, je vais un peu trop vite. Heureusement une bonne montée bien sèche me fait ralentir …

56min de course / km 9 / 1er Ravito

Rien à dire au propos de ce ravito puisque je ne m’y suis pas arrêté. J’ai fait le choix de remplir mes 2 flasques de devant et ma poche dans le dos au maximum pour durer le plus longtemps possible sans être obligé de me ravitailler. Côté alimentation, je profite de ce trail pour tester de nouveaux produits. Jusqu’à présent j’ai mangé 2 gommes de GU (c’est plutôt bon et marrant à manger. Mais côté apport, je n’ai rien senti !) Il faut dire que j’attends le produit miracle qui va me faire tenir, qui se mange bien et qui ne me donne pas mal au ventre (tous les conseils sont bons à prendre …). A ce propos, 45 min avant le départ, j’ai pris un verre de citrate de Bétaïne ce qui m’a permis de n’avoir aucune douleur au ventre durant mes 3 premières heures de course !

1h04 / Km 10

Les 10 premiers kilomètres se passent bien, j’ai un bon rythme. Je sens quand même que je vais payer sur la fin mon allure un peu trop élevée, mais tout va bien. Je n’ai que mon mollet qui me fait mal. Une fois chaud je me dis que ça passera. Côté course je me situe dans les 200 premiers. Les paysages sont sympas et chose amusante, je n’ai déjà plus assez de doigts pour compter les gendarmes qui nous indiquent la direction et bloquent la circulation à chaque croisement. Il faut avouer que niveau sécurité, c’est royal !

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2h10 / km 20

J’ai encore sauté un ravito. Je n’en ai pas besoin puisque j’ai prévu de quoi tenir 8h de course ! Sur cette section tout va pour le mieux. J’ai pu découvrir les ClifBar : une dinguerie ! (on s’approche du produit miracle). Niveau classement, un membre de l’organisation à un carrefour m’indique que je suis à la 132e place !! Il m’a fallu 10 bonnes minutes pour me calmer et me retirer de la tête l’idée de faire un top 100. Mettre de côté mon esprit de compétiteur m’a demandé de gros efforts. Je veux garder mon rythme et j’accepte donc de me faire doubler, même si en descente j’en double un paquet : mon genou me fait pas mal alors j’en profite.

2h34 / km 23 / 3e ravito

Cette fois-ci je m’arrête. On approche des 3 heures de course. Je décide d’utiliser mon nouveau gobelet incassable de Raidlight  pour reprendre un cachet de citrate de Bétaïne. Il faut bien une minute pour qu’il se dissolve, donc je dois m’arrêter et ça, ça m’agace. Mon rythme était bon, je ne m’étais pas encore arrêté.

2h58 / km 25

On a dépassé la mi-course, mais arrive de façon très brutale le fameux mur. Mais alors il arrive en pleine face !! Je crois même que je vais m’évanouir tellement je ne sens plus aucune force dans mon corps. Je m’arrête, je chope la compote Isostar aux fruits exotiques : excellente, vraiment. Le gout et la texture sont parfaits. Niveau efficacité par contre, je suis toujours aussi HS. Je mange une pâte de fruit et je décide de repartir. Je sais que ça va finir par passer. Sans m’en rendre compte, je commence à avoir de l’expérience dans un trail. Et là, je sais que c’est partit pour 10km de calvaire.

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3h21 / km 27,3 / 4e Ravito

Pour ce ravito, je suis obligé de m’arrêter. Premièrement parce que j’ai une flasque vide et deuxièmement car je ne vais toujours pas mieux. Je commence même à avoir des crampes. Je vais mettre 4 bonnes minutes à mettre ma poudre dans ma flasque et à la remplir d’eau. En tant que spécialiste des ravitos express (1 min max) j’ai trouvé que celui-ci durait une éternité. Je prends 5 gâteaux TUC en partant : grosse erreur de ma part, mais erreur volontaire car je voulais tester mon ventre. Je repars donc en courant cette fois. Depuis le km 25 j’alterne marche/course. Je mange mes TUCs un par un et à peine 10 minutes après : mal de ventre ! Super, je commence enfin à peaufiner mon alimentation en trail. Je sais désormais de façon certaine ce que je peux manger durant un trail long et ce que je dois éviter.

4h18 / Km 33,5

Nous sommes au point haut du Trail : 574m. J’ai mis une heure à faire 6.2km, pas terrible, je suis encore sous le choc du mur. Je n’ai toujours pas retrouvé de force, mais le moral est bon, les paysages sont sympas, ma musique est bonne et j’arrive à prendre du plaisir malgré mon rythme saccader entre course et marche. Point positif, jusqu’à Tulle (l’arrivée) ça descend (ou presque). Je ne sais plus à quel moment exactement, mais un coureur devant moi a chuté dans le passage le plus boueux du parcours. Il s’est littéralement jeté dedans, on aurait presque dit qu’il l’avait fait exprès. En fait, il a été pris d’une crampe à la cuisse. Je l’ai aidé à se relever : le trail c’est ça aussi ! Je n’ai jamais vu un coureur tomber sans qu’il y en ait 2 derrière pour l’aider à se relever. On repart en marchant, on discute un peu et durant 1 km, on retrouve tous les deux un peu de jambes.

4h40 / Km 37,2

Tout ça nous emmène au 5e ravito, j’ai couru depuis 4 km et je me sens bien. Ça me fait du 5,30 minutes au kilomètre, un peu plus de 10km/h pour les non avertis : je suis content. Je n’ai aucune raison de m’arrêter, je n’ai pas faim et mes réserves liquides sont encore très bonnes. Mais la place du village de Ste Fortunade est sympa et les bénévoles très accueillants. Je vais donc prendre le temps de boire un coca et de sortir mon téléphone pour prendre des photos jusqu’à la fin. Il fait beau, même chaud, le soleil tape bien, je me sens bien, je suis heureux d’être là, il faut que j’immortalise ce moment. C’est très surprenant ce mélange d’émotions. Je n’avais jamais vécu ça avant de faire du trail. Passer de la colère ou de la frustration, ou encore d’un vide total à une sensation de bonheur des fois déclenchée simplement par un petit détail. Ici, c’est le verre de coca. L’arrêt n’aura duré que 30 secondes et je suis repartit au top de ma forme.

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5h04 / km 40

Les paysages deviennent de plus en plus beaux et je cours de mieux en mieux, je rattrape quelques personnes. Juste après une descente, dans une petite vallée, je tourne la tête vers la droite et je vois des sommets enneigés. Incroyable ! Ça me rebooste encore plus et je continue sur mon petit rythme.

(Après vérification, carte à l’appui ce n’était que des nuages … )

La fin sera un peu plus compliquée, surtout les 2 derniers kilomètres. On aperçoit Tulle mais la chaleur combinée à la fatigue me fait ralentir. Malgré le fait d’avoir paramétré ma montre pour qu’elle sonne toutes les 10 minutes pour que je pense à boire, je ne me suis pas assez hydraté … Les crampes sont revenues sur toute la jambe. Je m’accroche tant bien que mal, mais je vais perdre une dizaine de places.

5h45 / km 45 : Arrivée

La dernière ligne droite est là, sous le cagnard. J’entends la sono, je me dis que c’est sympa, il y a de l’ambiance. Mais je déchante vite. Je me rends compte qu’il s’agit de la remise des prix. Le plus triste, c’est le manque de passants et de spectateurs : je n’ai jamais fini une course avec aussi peu de personne et les quelques courageux étaient complètement indifférents à la course. Dommage, mais je me reprends en me disant que je cours pour moi. Je passe l’arche d’arrivée, je suis heureux. Fatigué mais heureux ! Je termine 4e espoir sur 6 et 232e. J’ai perdu 100 places en 20 kilomètres environ. Tant pis, je ne venais pas pour ça.

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Côté bilan, beaucoup de positif ! Ça change, j’ai pu apprécier ce trail. J’aurais aimé le faire sans crampe. J’aurais pu gagner une demie heure et sans le mur, une autre demie heure. Mais il faut reconnaître que je ne m’étais pas entrainé depuis le trail des Poilus à Lens et que j’avais de sacrées gênes aux articulations. Je ne m’en sors donc pas trop mal. Côté alimentation c’est mitigé. J’ai trouvé de bons produits, mais pas encore celui qui me fait tenir sur du long terme.

Merci à vous, lecteurs, d’avoir pris le temps de lire ce résumé encore une fois très long ! Aujourd’hui je suis inscrit à l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour le 2/3/4 septembre prochain pour 140 km et 10 000 D+. J’estime pouvoir le boucler entre 48 et 50h. Un sacré défi qui m’attend mais que je vais, je l’espère, relever avec brio !

A bientôt !

Thomas