Comptes Rendus

Ultra Tour – GRP 2017

Le très beau compte-rendu de JC. Bravo, tu fais partie des grands ! Comme tu dis : « Oublies que tu n’as aucune chance et vas-y ! »

 

Tps 55H49 / Km 190 / Déniv 11092m

C’est parti !

Il fait bon, ni pluie, ni vent, une température clémente, la montagne nous attend.

551 coureurs au départ, une ambiance feutrée, on ne ressent pas la tension habituelle sur la ligne de départ. Il semble que la distance qui nous attend remplit les esprits et les coeurs et impose calme et concentration (tout du moins dans la deuxième partie du peloton…)

D’emblée une petite anecdote de course :  Pierre nous impose un premier exercice technique, le déblocage d’un bâton de marche télescopique..à 3 min du coup d’envoi..rigolo, non ? Vas-y Pierrot, ouvre-nous les portes de la gloire, montre-nous la voie, prends exemple sur ton frère partant hier vaillamment au retrait des dossards…nu comme un ver, sans l’ombre d’un sac…que nous étions sensés présenter au contrôle !

Le mythe Jourdain est en route, pour courir ils n’ont besoin de rien ; ni sac, ni bâton, leurs dossards leur suffisent à pourvoir à tous leurs besoins. Quand ils parlent de minimalisme, il ne faut pas imaginer seulement leurs chaussures, mais tout leur attirail semble superflu tellement ils lévitent au-dessus de nos piètres conditions de terrien.

Juju, qui souhaitait goûter un peu à l’ambiance, se retrouve au milieu des coureurs au moment de partir, comme reporter au coeur de l’action. Bravo Juju !

Pierre repart finalement avec un seul bâton, dans l’idée de s’en faire remettre un neuf par Sandrine à La Mongie (oui, l’intendance est un paramètre à prendre en compte pour passer la ligne, ou non).

Centré sur mes petits problèmes de boiterie, j’avoue ne pas lui avoir proposé un des miens. Ah! égoïsme quand tu nous tiens.

Vignec, ou je ne sais quel village traversé lors des premiers tours de roue, on croise les copains Rapviste qui s’étaient levés pour l’occasion.

Cool, salut les gars ! Merci pour l’effort.

A ce moment précis, après avoir croisé les regards de ces super coureurs, en compagnie de Yaume et Pierrot, deux vrais compétiteurs, je me redis encore : JC, t’es pas à ta place. Qu’est-ce que tu fous là ?

En fait, ce début de course me force à régler ce point si je ne veux pas me gâcher ces moments avec des idées inutiles. Il me faut oublier l’idée d’être un usurpateur ; après tout, ça n’est qu’une course, il faut bien tenter des trucs dans la vie, on n’est pas censé tout réussir, bien au contraire..

J’étais en montagne, avec la chance d’être au départ d’une magnifique épreuve, alors que deux semaines auparavant, je marchais en béquilles et une semaine avant, je n’alignais pas 10 foulées à courir.

Bon ! Tu ne dépasseras peut-être pas La Mongie, alors profite, profite ! Tu n’auras pas d’autres occasions dans l’année de voir le jour se lever sur la Montagne.

Cet état d’esprit aura été le seul que j’ai eu durant 56h : profite, jouis de chaque paysage, chaque odeur, chacun des moments où tu seras en course.

Persuadé, soit que j’allais avoir la cheville enflée à ne plus pouvoir avancer, soit que j’allais être éjecté par les barrières horaires (pour info, je porte un léger traumatisme pour 6min de dépassement après 53h51min d’une précédente course !), je n’ai eu de cesse de prendre tout comme un cadeau.

Petite citation de Maître « Ugueï », que j’ai fait mienne (un maître de Kung Fu Panda..):

« Aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’on l’appelle le présent »

Bon, nous voilà au col de Bastanet, et en compagnie des frères Jourdain, s’il vous plaît !

Pierre m’annonce que j’ai pris 1h30 sur la BH (Barrière Horaire),yessssss, à moi de gérer l’effort pour garder cette avance le plus longtemps possible.

Guillaume m’assène un petit : « Tu comptes faire un podium en V1 ? »

Je traduis pour les néophytes :

« c’est bien, JC, t’es au Bastanet avec des coureurs au potentiel 30% supérieur à toi, OK, mais là tu fais quoi maintenant, t’as pas l’impression qu’il y a maldonne ? Faut s’réveiller maintenant, il nous reste 200 bornes à parcourir et il est grand temps d’avancer à ton rythme si tu veux avoir une chance de finir. »

Merde, il a raison, j’ai déjà pioché, cours à ton niveau, mec, sinon ça va exploser.

Merci mon copaing’ et bonne course les mecs.

 

Aparté médicale : comment ne pas soulager une entorse interne en plus d’un mois ?

Après 2 semaines où la cheville est enflée,

charger un peu trop par des exercices quelconques, de manière à éviter la guérison,

20min suffisent en se concentrant bien sur la zone inflammée.

Reprendre des béquilles comme au premier jour des douleurs,

laisser enfler, 3 à 5 jours,

Quand la douleur s’estompe, attention, reprenez vite une petite activité traumatisante,

tout le secret réside là : ne pas laisser passer l’occasion d’empêcher la guérison. Vigilance!

Se présenter au départ d’une petite épreuve sportive, dans l’espoir d’avoir tellement mal partout que la douleur de cheville passe pour de la gnognote.

Courir 35/40km, et voilà le travail.

En fait, elle ne s’est rappelée à moi qu’aux Hourquettes de Mounicot et Aubert, 2 nuits plus tard.

Si ça c’est pas de la chance!

 

Un des aspects super sympa de cette course réside dans la montée et la descente du pic du Midi depuis le col du Sencours, notamment pour la deuxième partie de peloton dont je fais partie :

on croise les copains super coureurs ! Certes, eux redescendent quand vous, vous montez, mais l’impression d’être dans la même course est géniale (pour info, j’ai plus l’habitude de voir les copains au départ ET à l’arrivée, tout du moins ceux qui boivent encore des bières quand  j’arrive).

Je fais la première partie de la montée en compagnie de Victor, Louis, Elie et Sandrine, génial !

On est en ballade au Pic, amusons-nous. Tiens Elie, prends mes bâtons, je me la joue athlète, je n’en ai plus besoin dans la montée tellement je suis facile…pendant 1min43s.

Deux avions de chasse déboulent en rafale, Yaume et Pierrot, pleine pêche, souriants, conquérants. Embrassades, petit point course, une pensée pour Denis qui galère avec une grippe mal guérie et c’est reparti. Bonne course les mecs !

Montée/descente, le ciel est clément et nous laisse admirer toute la chaîne sans une once de nuages, quelle panorama !

Après 1/2h passée avec ma famille, il faut repartir. Nous nous embrassons dans l’optique de ne se revoir qu’à l’arrivée, dans plus de 48h !

Bise, il va faire nuit, je reprends la route, le soleil va se coucher plein Ouest, comme à son habitude, et j’aimerais l’avoir en ligne de mire avec les lacs vert et bleu dont on m’a tant parlé.

Asta la vista.

Je vais manquer de lyrisme poétique pour la description de tous les endroits traversés :  cols, hourquettes, pics, forêts, chemins, rivières…je me permets par conséquent un conseil, allez-y pour voir à quel point c’est beau.

Une seule chose peut-être : quand le soleil pointe son nez après une nuit d’effort, il est magique d’être en montagne ;  tu es debout, isolé, petit, un peu agare ; avec cette sensation d’être un peu plus que vivant, de faire partie du décor tellement tu l’as arpenté, touché des doigts, goûté avec la bouche ou les pieds.

la voilà la récompense de ton effort : autour de toi, tout est pur et beau.

 

Bon, assez de jérémiades, place au Sport et aux problèmes techniques que l’on peut rencontrer, voici une courte liste des petits désagréments que j’ai dû essuyer :

Environ 35km Dans la montée entre La Mongie et le col de Sencours,

La chaleur était telle qu’il fallait mesurer son effort. Un moment, en suivant un groupe de bon grimpeur, je sens le coeur un peu trop au-dessus de ces pompes pour un effort sur 5h. Petite contrôle du pouls : oh putain, ça s’emballe.

Arrête toi Forest, ne cours plus, il faut que ça redescende. Là, j’ai eu un petit coup de panique, ça restait dans la zone rouge après 2min d’arrêt. A ce moment, il n’y a pas foultitude de solution : s’allonger, trouver un coin d’ombre au moins pour la tête, s’hydrater et attendre. Ce que j’ai fait.

En cas d’endormissement, j’enclenche le minuteur pour 10min sur la montre et c’est parti, on ferme les paupières. En fait, les 20 à 30 coureurs qui te doublent te demandent tous gentiment en passant si ça va

(« Ca va ? » « Ouais, ouais…ta gueule ! ») et il est difficile de leur en vouloir pour cette délicatesse, mais en attendant, non seulement tu ne te reposes pas mais tu perds des places ! C’est une course tout de même.

Bon, le coeur s’est remis à battre normalement, trouve un rythme qui te correspond et c’est reparti.

Environ 115km- Cauterets 

Courant en Merrell pas franchement épaisses, quelques petits picotements (pr les traileurs : peau en lambeau) commencent à se faire sentir sous les pieds, il est temps de strapper tout ça avant que ça ne devienne problématique. Il s’agit là d’éviter les crevasses, et les ampoules mal placées. Ca n’empêche pas de courir mais handicape le corps au point parfois de ne plus trouver de plaisir.

Environ 135km – Luz st Sauveur

C’est anecdotique, mais je n’avais plus une goutte d’eau dans le camel et laissé ma bouteille au dernier ravito, pensant que je n’en aurai plus besoin.

Globalement, ne plus disposer d’eau n’est pas une bonne idée.., il vaut mieux en porter trop qu’en manquer (quitte à perdre une ou deux places au classement pour vitesse réduite..). La déshydratation est souvent synonyme de fin de course, on ne s’en remet pas en 1/2h.

Environ 155km – Hourquette d’Aubert/parking Oredon

Après une deuxième nuit à crapahuter entre 2000 et 2600m, dans un froid relatif, un brouillard parfois prégnant, quelques bourrasques et surtout un sol méchamment pierreux. Toute cette partie de la course se déroule en haute montagne dans un univers quasi exclusivement minéral. Il est difficile de s’abriter pour quelques minutes pendant la nuit, le froid ne permettant pas l’inactivité. La nature des pierres, petites et saillantes, gros blocs en dévers, gravillons instables, la pente permanente, en montée comme en descente, la visibilité restreinte, la trace difficile à déceler (peu d’herbe tassée indiquant un passage permanent), kerns invisibles dans la pénombre, tout cela oblige à une vigilance accrue.

La technicité et l’isolement de ce parcours me le font mettre en tête des difficultés sur cet ultra, et ce, après plus de 150km !

Donc, en toute logique à la fin de cette belle nuit de concentration, dans la descente, jusqu’à Oredon, j’ai expérimenté les fameuses hallucinations. Heureusement sur une route sans danger, j’ai vu beaucoup d’animaux bizarres traverser la route, ça bougeait dans tous les sens, en ligne droite, en virage, en haut, en bas, partout… en fait, c’était des pierres de soutènement de la chaussée que j’imaginais courir, le mouvement du feuillage des arbres qui devenait vivant..j’avais le cerveau qui voulait se détendre. Il s’était installé un certain ras-le-bol à sans cesse chercher le meilleur angle de pose du pied, puis, le meilleur angle de pose du pied, puis, le meilleur angle de pose du pied, puis, le meilleur angle de pose du pied…

Là c’est sûr, il faut dormir.

Je me suis accordé 25min sur un lit de camp posé sur une herbe encore imbibée de la rosée du matin, malgré le chapiteau. En clair, tu dors, mais au réveil, tu es transi de froid et n’a d’autre alternative que le MOUVEMENT pour te sortir de ta torpeur.

Allez, allez, 20 bornes à enfiler ! Place au combat ! Yakacourir!

Balles neuves ! Comme à Roland Garros. Jetez-moi ces jambes fatiguées et douloureuses. « Enfilez moi cette nouvelle paire » m’a dit l’aurore aux doigts de fée,

« et allez-y franchement, c’est un modèle de première main, elles ont de l’entrain à monter aussi bien qu’à descendre »

C’est parti pour 20 kilo, 800m de D+, 2600m de D-, fonce mon garçon et profite bien, ce sont les dernières heures en montagne avant longtemps.

Au bout du compte, j’aurai mis un peu plus de 4h jusqu’à Vieille Aure, avec une pêche inespérée.

 

J’en profite pour un petit aparté technique 

destiné à la seconde partie du peloton, la tête de course vivant à un autre rythme bien entendu :

Ne pas dormir m’aura fait perdre une course ; tandis que dormir une fois 10min et une fois 25 min m’aura redonné des jambes et fait gagner un temps précieux.

Strapper les pieds avant l’arrivée des gros soucis fait s’évaporer les idées noires dans les moments durs.

Garder ses bâtons à la main, de manière « légère », pour les utiliser chaque fois que c’est nécessaire, mais rarement de façon systématique.

Pouvoir adapter sa tenue aux conditions climatiques rapidement est primordial : Veste, buffle, gants, lunettes, brassières, guêtres..doivent être accessibles facilement.

En effet, Traverser 4 vallées et gravir une douzaine de cols, d’une altitude allant de 400m à 2800m, de 0 à 30°, de jour et de nuit, implique un matériel adapté pour éviter les « coups d’chaud » comme les « coups d’mou » par le froid.

C’est dommage de perdre de l’énergie bêtement.

Il me faudra améliorer les sacs des base-vie, je crois avoir passé plus de temps à les fouiller, les vider, les remplir, les re-vider, les re-remplir..qu’à me reposer ou m’alimenter correctement. Pendant la prépa, je n’avais pas du tout envisagé que ces sacs m’auraient tant apporté de galères.

Méfiance et vigilance, un grain de sable sur ce genre d’épreuve peut faire basculer la course d’un état d’esprit positif à négatif.

 

Petit clin d’oeil sur les embrassades en cours de course

Premiers rayons de soleil sur le Col du portet, fin de première montée, premier point sur les sensations…

Tiens ce mec me dit vaguement quelquechose de dos, dans la descente vers les Merlans.

Ouaaaah. « Juju, ça fait plaisir de te voir, pas couché ?» « Non, après le départ, je voulais en voir un peu plus. » Petite discuss et c’est reparti. « Fonce, les frères Jourdain sont juste devant » Ouaaaaaaah!

Ok ok je me la joue un peu. En fait, nos deux coureurs aux ailes d’argent n’avaient pas vraiment enclenché la seconde, il y avait du marcheur pataud aux avant postes qui empêchaient la fluidité du traffic. Mais bon, ça fait plaisir de rester accroché aux copaing’ un peu plus longtemps que prévu.

Dans la montée de la Hourquette de Mounicot, deuxième nuit, environ 150 bornes dans les pattes, l’Ultra et le tour des cirques partagent le même parcours pour cette fin de course. Il fait nuit, et à ce moment-là, je n’en mène pas large dans l’pentu.

« Tu veux passer ? » « Ouais. » »François ? » »JC? » Ouaaaah

François, dans le peloton de tête du 120 envoie du lourd. Il est à ce moment 35ème et colle au train de l’avant-garde sans ciller. Qques embrassades, et vas-y, fonce ! En voyant…, ou plutôt en ne le voyant plus.., j’ai eu l’impression d’être au départ d’un 800m et que j’avais les pieds cloués sur la ligne. Bon ! Reste concentré, c’est pas parce que tu es encore en course que ta VMA a doublé dans la nuit. N’oublie pas les conseils des copaing’: « Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce. Sur un malentendu … »

François terminera 27ème, chapeau l’artiste !

Deuxième lever de l’astre chaud sur une nuit froide et technique

Nous descendons de la Hourquette d’Aubert, avec une vue imprenable sur le lac Aumar ; il fait bon gambader sur un chemin en pente douce. Depuis 24h, je double et me fait doubler par 4 compères aux allures soutenues mais pratiquant l’art de la pause à tout-va. Une nouvelle fois, je les passe, petite blague de bon aloi et en route bonhomme.

Et là, ouaaaaaaaah qui descend pleine balle : David et Lolo, courant sur le 120 comme François. Ils sont super bien placés également, en mode course. Embrassades, joie, bise…pas l’temps de s’en dire plus…, go go go…, j’ai une nouvelle fois l’impression de trimbaler une tente 12 places dans mon camel et que je suis en mode camping quand d’autres avoinent méchamment.

Mais bon, à chacun sa course !      « On s’attend pour la bière ce soir ? »

…silence…, ils ne sont déjà plus là…

A ce moment du récit, je me permets une petite digression à l’intention de ceux qui constituent les grouppetto de nos habituelles courses : patientez, il peut arriver qu’un jour, on vous demande de l’aide ; et c’est à ce moment qu’apparaît notre raison d’être. En effet, par deux fois, j’ai eu la joie d’accompagner de super coureurs lors de cette épreuve.

A la montée de la Hourquette de Mounicot, pendant la deuxième nuit

Dans un environnement plutôt hostile, au milieu de quelques idées noires, une jeune femme me double. Sans trop de calcul, j’en déduis qu’elle est sur le 120, n’ayant en mémoire qu’une seule autre féminine m’ayant dépassé, j’ai l’honneur de croiser le podium féminin !

« Bravo et bonne course ! » « Oui, beh pour le moment, ça va plutôt mal! »

« Ah! Besoin d’aide ?»

En fait, pour pallier à son coup d’mou, je lui ai servi de guide dans la montée le temps qu’elle s’alimente et retrouve du jus. Après une petite demi-heure et le col atteint, on se remercie et tchao! Comme un chat dans la nuit, elle m’a laissé sur-place mais j’aurai eu la chance de participer un petit peu à sa 4ème place sur le 120, quand même !

La deuxième fois concerne les copains David et Lolo.

Terminer aux avant-postes d’un ultra de montagne quand on vit dans un pays plat nécessite d’aller bien au-delà de sa zone de confort habituelle. En fait, tous deux avaient produit un effort conséquent dans toutes les descentes du parcours, au point d’avoir récolté une bonne partie des désagréments qui en découlent : ongles explosés, quadri en berne, ampoules mal placées… et le tout avec un moral atteint, quand la vitesse n’y est plus.

J’aurais, bien entendu, souhaité qu’ils n’aient aucun pépin mais dans la dernière descente menant à Vieille Aure, du fait de leurs douleurs, j’ai eu « la chance » de courir avec ces 2 machines et goûter au passage de la ligne d’arrivée en leur compagnie.

Voilà bien l’idée centrale de cette course : la rencontre des extrêmes.

 Merci à tous ceux qui nous ont suivi, sur place, sur le net ou par la pensée.

 

 

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